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Equateur : Archéologie et bureaucratie

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Il y a de cela des milliers d’années, les habitants d’Equateur construisirent un monument de pierre dans les Andes. Mesurant 2630 mètres de hauteur, il était situé entre les deux cordillères des Andes, sur une colline appelée le Catequilla. Du sommet du Catequilla et par temps clair, la vue sur les alentours s’étend sur un rayon de 360º et on peut embrasser tout le site archéologique d’un seul regard. Les deux chaînes de montagnes ralliant le nord au sud, étaient des points d’orientation idéaux. La cordillère Est était utilisée pour déterminer précisément l’apparition des étoiles tandis que la cordillère Ouest permettait de localiser leur disparition.

L’hémicycle a un diamètre de 70 mètres et il est caractérisé par un mur de pierre et de terre d’environ 1m80 de haut. On trouve aujourd’hui dans cette vallée le monument de la “Mitad del Mundo”, littéralement la “Moitié du monde”, construit à l’endroit déterminé scientifiquement par la mission géodésique française conduite par Charles de La Condamine au XVIIIe siècle. Tandis que le nouveau monument a été construit à quelques centaines de mètres de la ligne équatoriale, ce monument, qui date d’il y a mille ans, est situé exactement sur celle-ci.

Le projet Quitsa To a débuté il y a onze ans à partir de différentes mesures prises à l’aide de systèmes par satellite depuis le Catequilla. Des cartes, des vidéos et des photos satellite ont été étudiées et des plans ont été élaborés. On recherchait des liens entre les différents sites historiques de la région. Ces études archéo-astrologiques ont conduit à des monuments ou sites archéologiques comme les pyramides de Cochasqui, Pampamarca, Rumicucho, l’église de San Francisco ou bien encore l’église de Quinche, car ces églises ont été construites sur des fondations précolombiennes.

On sait encore peu de choses sur les autres fonctions qu’avait ce monument vieux de mille ans mais  déjà, des pelles mécaniques sont présentes sur le site afin de creuser des trous qui serviront à établir des fondations. Un trou d’un mètre de profondeur, une base de ciment, on retrouve encore le matériel de construction éparpillé sur le site… Une colonne de fer est sur le point d’être construite, personne n’en connaît la raison, et ceci avec l’autorisation du Ministère de la protection du patrimoine national…

Mais ceci ne représente que la pointe de l’iceberg. En effet, toute la vallée est menacée par le développement de l’industrie des carrières dans cette région depuis les années 60.  On dénombre plus de 60 carrières, dont la plupart n’ont pas de sens, car la majorité des pierres et du sable extraits ne sont pas aptes à la construction. Ces carrières sont pratiques car elles sont situées à proximité de Quito, mais elles n’ont pas d’intérêt pour la qualité des matériaux qu’elles proposent.

Les conséquences sociales, écologiques et culturelles sont multiples. Tout d’abord, la région est recouverte de la poussière d’origine volcanique libérée par les carrières. Dans certains endroits, le vent a accumulé d’énormes couches de sable et en cas de tempête, on craint des avalanches de boue, comme celle qui s’est déjà produite en 1997. La poussière fine liée au trafic des camions rend aussi difficile le développement de l’agriculture dans la vallée. La menace culturelle la plus importante est sans conteste la carrière située juste au dessous du site archéologique Catequilla. En effet, sous le sommet du monument se produisent quotidiennement des explosions et on craint que le monument ne finisse par s’effondrer. Les carrières doivent cesser immédiatement leurs activités afin de maintenir l’avenir de la vallée de la Mitad del Mundo, avec ses populations et ses sites historiques.

Les dernières activités de construction sur le site historique, avec l’autorisation du Ministère de la préservation de la culture, sont un témoignage de l’ignorance et/ou de la corruption des administrations concernées. Si l’on ne réagit pas maintenant, la vallée colonisée depuis des milliers d’années va se transformer radicalement. Le Catequilla sera perdu à jamais, et à travers celui-ci l’identité des équatoriens, dont le pays tire son nom précisément de cette ligne. Malgré cela, il semble qu’il y ait peu d’intérêt pour conserver la marque historique de la ligne équatoriale.

Quand les carrières fermeront, il faudra alors trouver de nouvelles sources de revenus, l’une d’entre elles pourrait être le tourisme. La visite du site archéologique Catequilla pourrait contribuer à sa conservation et assurer un avenir à la vallée de la Mitad del Mundo, qui serait adaptée à la valeur du site.

Cet article est basé sur une publication en espagnol de Cristobal Cobo ainsi que sur une interview avec lui. Un grand merci également à Sebastian Salvador, qui a gravi la colline du Catequilla avec moi et qui m’a expliqué les enjeux sur place… Davantage d’informations en espagnol et en anglais sont disponibles sur le site www.quitsato.org.

Vous pouvez également trouver les coordonnées exactes de la ligne équatoriale sur Google Earth : 0000 et 78254330 ouest. Sur mon ordinateur, la ligne équatoriale apparaît légèrement déplacée…

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