Coupe du monde en Russie : le périple fou des supporteurs péruviens.

Ecrit par Etienne 15 juin 2018 17:56:12

C'est l'histoire de Carlos Paskvan, un Péruvien de 31 ans qui a tout donné pour se rendre en Russie soutenir son équipe. Cela faisait 36 ans que le Pérou ne s'était pas qualifié pour une Coupe du Monde. La dernière fois, ce fut lors du mondial de 1982 qui se déroulait en Espagne, le Pérou n'avait pas dépassé les phases de poule. En 2018, le Pérou est enfin de retour et cette nouvelle a apaisé bon nombre de Péruviens.

Ce retour dans la compétition a suscité l'intérêt de toutes les générations. Lorsque le Péruvien Farfán a inscrit le premier but lors du match décisif contre la Nouvelle-Zélande, les spectateurs ont déclenché une alerte tremblement de terre de part leurs acclamations. Le match a fini sur un score final de deux à zéro, cela ne faisait plus aucun doutes : le Pérou partait en Russie.

Désormais, les banques accordent des prêts spéciaux aux Péruviens qui veulent se rendre à la Coupe du monde. Dans les rues de la capitale péruvienne, bon nombre de voitures comportent des écriteaux indiquant "Voiture à vendre, je veux partir en Russie". Carlos Paskvan fait partie des Péruviens qui ont décidé de suivre leur équipe à l'autre bout du monde. Depuis le jeudi 14 juin, il est en Russie. Demain, il encouragera au stade la sélection péruvienne, appelée la Blanquirroja ou encore les blancs-rouges. Kaya, membre de l'équipe Viventura, a eu la chance de rencontrer Carlos lors de son périple et elle a passé quelques heures avec lui lors de son passage à Berlin (et par la même occasion, lui poser quelques questions).

 

À quel âge êtes-vous devenu un grand fan de l'équipe nationale ?

Carlos : par le passé, je jouais beaucoup au football, j'ai commencé à l'école puis j'ai continué à jouer dans l'équipe de mon Université. Maintenant, il m'arrive de jouer de temps en temps avec mes amis. Je suis devenu un vrai fan en 1997, lorsque j'avais 11 ans. Je me rappelle qu'en 1998, le Pérou était si proche de la qualification pour le mondial en France, lorsque l'équipe à perdu le match décisif contre le Chili, je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer. C'était la première fois que le football m'a touché à ce point.

 

Dans ce cas, vous êtes d'autant plus heureux, car cette année le Chili ne s'est pas qualifié !

C'est bien vrai ! Le Pérou et le Chili sont des ennemis au football. Avant le match contre la Nouvelle-Zélande, nous n'étions pas sûrs encore de la qualification du Pérou, mais l'ambiance était plutôt, par pure jubilation contre le Chili. Personne ne s'attendait à une participation du Pérou, mais une chose était sûre : le Chili, lui ne participait pas.

Juan et Carlos (à droite) en route pour la Coupe du monde en Russie. Berlin est leur seconde escale.

Le Pérou a un capital sympathie incroyable, les autres pays d'Amérique du Sud ont été heureux pour lui lors de sa qualification.

Carlos : Bien sûr, nous les supportons aussi, surtout quand ils jouent contre le Chili (rires).

Deux Argentins passent devant nous, voient les survêtements péruviens et les maillots de Carlos et de son ami Juan, puis tendent leur bière dans notre direction "A bientôt en Russie !". Un peu plus tard, un couple aborde Juan et Carlos, ayant remarqué leurs habits blanc et rouge. Il se trouve que ce couple vient également du Pérou. Ils profitent de l'occasion pour prendre quelques photos avec les deux supporteurs et leur drapeau devant la porte de Brandebourg. Ils sont rejoints peu après par un autre supporteur péruvien. "Nous l'avons rencontré dans l'avion, il fait le même itinéraire que nous !" relève Carlos.

Pérou-Toronto-Berlin-Moscou-Belgrade. Pendant quatre jours, Carlos était sur la route, car il a acheté les billets les moins chers pour aller en Russie. Au total, il a dépensé environ 2500€ afin de réaliser son rêve. Il va dormir dans des auberges pour moins de 8€ par nuit à Moscou, il retourne là-bas après chaque match, car les lits y sont moins chers. De plus, les billets d'avion entre Moscou et la ville où se déroule le match est inclus dans le prix du billet d'entrée au stade. Carlos a été chanceux, car il a obtenu tous ses billets à bon prix. C'est son premier voyage hors de l'Amérique du Sud et il n'est pas le seul à avoir fait le déplacement : plus de 43 500 billets ont été vendus à des supporteurs péruviens, le Pérou étant la 8ème nation la plus représentée lors de ce mondial. Certains d'entre eux vivent en Europe, mais la plupart, comme Carlos, ont fait le déplacement depuis le Pérou.

 

Quand avez-vous décidé de vous rendre à la Coupe du Monde ?

Carlos : ce n'était pas un voyage prévu longtemps à l'avance. Après cette longue période sans participation, personne ne s'attendait sérieusement à une qualification. Nous espérions bien sûr, mais nous n'avions aucune garantie. Comme cela devenait plus sérieux, l'excitation a commencé à monter. Soudain, mes amis ont commencé à parler de partir en Russie. Quand le Pérou a gagné contre l'Équateur, j'ai dit à mon ami Juan, puis à ma patronne : "Si le Pérou est là, moi aussi."

 

Comment votre patronne a t-elle réagi à votre annonce de voyage en Russie ?

Carlos : tout d'abord, elle a ri et a dit "oui, bien-sûr". Après le match contre la Nouvelle-Zélande, j'ai soumis mes vacances. Elle fut stupéfaite pendant un moment,, puis accepta sans hésitation. L'ambiance est hilarante car cet événement est vraiment rare. Je pense que ce sens de la communauté est ce que le football représente à mes yeux. Tout le monde est heureux. Quand j'étais petit, j'entendais souvent que c'était ridicule de porter le maillot péruvien. Maintenant, tout le monde porte le maillot rouge et blanc avec fierté, les gens s'identifient de plus en plus à leur pays, nous sommes unis.

Juan et Carlos avant leur départ pour la Serbie, dernière escale avant Moscou.

Une dernière question : quel est ton joueur préféré ?

Carlos : je vois la Blanquirroja comme une seule équipe, mais si je devais nommer mon joueur favori, alors Edison Flores, il n'est peut-être pas aussi décisif que Guerrero ou Farfán, qui sont les plus grands joueurs, mais j'aime son style de jeu honnête. Ce que j'espère pour la Coupe du monde : une équipe honnête et forte !

Je dis au revoir à Carlos, qui doit prendre son vol pour Belgrade, il promet de s'arrêter sur le vol du retour. Je l'espère de la même bonne humeur !

¡Viva Perú!

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Tags: Actus

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