0176340057

Lundi-vendredi : 14h-22h
Appelez un conseiller

“De l’Eau pour Tous ?”

0 Flares 0 Flares ×

Récemment, mon amie Yngrid et moi faisions nos courses dans un des quartiers du centre d’Arequipa, Pérou, et l’oreille aux aguets, nous avons entendu une cliente commenter à un marchand : “Vous les citadins, le gouvernement vous donne tout sur un plateau : l’eau, la lumière, et plus encore !” En Europe, nous sommes tous bien habitués à ce que la vie au centre ville soit bien plus onéreuse que la vie à la campagne, non ? Ce n’est pas le cas au Pérou, ou du moins pas en ce qui concerne l’eau…

Luisa, la cliente du magasin avec qui nous avons fait ensuite connaissance, a trois enfants. Elle vit depuis sept ans à Arequipa, dans le quartier de la “Cuidad de Dios”. C’est un de ces fameux “pueblos jovenes”, jeunes cités précaires dont la croissance incontrôlée provoque un développement anarchique des villes et où, bien sûr, s’entassent les populations les plus pauvres.

“Voyez-vous Señoritas” nous dit Luisa, alors que Yngrid lui raconte que chez elle, au centre ville d’Arequipa, la facture d’eau pour une famille de 4 personnes est d’à peu près 10 soles (environ 2,5 €). “C’est toute l’injustice de ce pays. Je paye pour moi et mes trois enfants 120 soles (30 euros) par mois, c’est à dire 12 fois plus. Et encore, l’eau est loin d’être propre !” Ceci est d’autant plus injuste que Luisa ne gagne pas même un tiers de notre salaire…

Alors qu’il nous suffit simplement d’ouvrir le robinet pour avoir accès à l’eau courante, Luisa elle, doit aller toutes les 2 semaines acheter son eau à proximité d’une station d’épuration. L’eau est répartie entre les différentes maisons selon la quantité que nécessitent les ménages. Luisa achète pour elle et ses enfants seulement 4 m3 d’eau qu’ils stockent dans leur puits dont elle est tellement fière. Mais étant donné la faible étanchéité de ce puits, elle perd tout de même environ 20 % à chaque remplissage.

La tristesse de Luisa est palpable lorsqu’elle aborde ce problème de l’accès à l’eau courante. Les habitants des banlieues qui ne sont pas reliés au réseau public doivent être très économes. Souvent, ils réutilisent l’eau à plusieurs reprises alors même que celle-ci est déjà malsaine lorsqu’elle arrive de la station, s’ajoute à cela le stockage dans le puits qui ne la rend pas plus salubre ! Le puits est peu souvent nettoyé voire jamais, l’hygiène y est déplorable et engendre souvent des maladies graves de l’estomac ou de l’intestin.

Les habitants des banlieues de toutes les grandes villes du Pérou et d’Amérique du Sud connaissent ce problème de l’eau. Les derniers chiffres montrent ces dégâts affligeants : environ 20% des ménages péruviens vivant en ville n’ont pas accès à l’eau courante et sur la totalité du pays cela concerne donc 70% de la population !

En septembre 2006, juste après avoir été élu, le président Alan Garcia a lancé un programme très séduisant : “De l’Eau Pour Tous!”. Il vise à long terme l’accès facile à l’eau propre pour tous. Le programme comprend au total 270 projets. Les premiers travaux ont été menés dans le district de Carabayllo à Lima. Mais Luisa ne sait pas si elle doit faire confiance à l’Etat : “Depuis 7 ans que je suis là il n’y a eu seulement que des promesses, rien de concret”. Néanmoins, elle reste optimiste et espère que la banlieue d’Arequipa pourra bénéficier des mêmes initiatives qu’à Lima.

Objectivement, la situation de Luisa est nettement plus avantageuse que celle des gens habitant des villes très isolées où il n’y a pas même de camions citernes et où la population doit marcher plus d’une heure pour trouver une source d’eau.

Pour me faire ma propre opinion sur le sujet, je décide de me rendre dans une région un peu isolée que nous connaissons pourtant bien car  nous y envoyons les groupes viventura. Il s’agit de la communauté de Chifron sur la péninsule de Capachica autour du Lac Titicaca. Sur place, je rencontre Carmen avec qui nous discutons de ce problème. Elle n’a jamais entendu parler du projet “De l’Eau Pour Tous”. Lorsque je lui en expose le contenu, elle me répond : “Moi, je ne crois que ce que je vois !”. Il peut paraître ironique que, entouré par un lac de plus de 893 millions de m3, on puisse manquer d’eau ; mais l’eau légèrement salée de ce fameux lac est loin d’être potable.

Carmen et sa sœur Anita ont donc le devoir quotidien de se rendre à la source pour aller chercher de l’eau pour toute la famille. Elles se considèrent d’ailleurs extrêmement chanceuses de n’avoir qu’une demi heure de marche à faire pour s’y rendre ; d’autres familles sont nettement plus éloignées et doivent parcourir de nombreux kilomètres.

Les deux jeunes femmes, munies chacune d’un seau de 16 litres, se rendent donc quotidiennement à la source. “Le plus dur, racontent-elles, est le chemin bordé d’eucalyptus. C’est étroit et la montée est très raide et très pénible”. Ces femmes sont malheureusement un jour ou l’autre frappées par de terribles maux de dos et bien souvent dès leur plus jeune âge. Parfois les ânes sont utilisés pour le transport mais ce sont des animaux précieux qui sont souvent de corvée dans les champs.

Carmen me rapporte avec un timide sourire qu’une fois un touriste d’une cinquantaine d’années a voulu l’aider à porter ses seaux, mais à peine avait-il fait quelques mètres qu’il dut abandonner. Il avait perdu son souffle et la vivacité de ses 15 ans !!!

L’eau que Carmen ramène à la maison n’est pas pure : elle contient entre autres de l’argile ou des plantes. Patiemment et péniblement, elle la filtre avec de fines serviettes.

Dans le village voisin de celui de Carmen, à Llachon, les habitants n’ont plus à endurer la corvée quotidienne du laborieux transport de l’eau et ce depuis 2005, grâce à de nombreux parrains et beaucoup d’autres donateurs.  En effet, maintenant dans le patio du “Presidente” (chef de la communauté) se trouve un bac avec un robinet accessible à tous ! Les travaux de construction d’un réservoir et de canalisations sont maintenant terminés grâce à la contribution de la communauté toute entière qui s’est fait assister par des ingénieurs venus de l’extérieur. Le matériel a été financé par viSozial e.V, l’ONG que viventura a fondée pour ses projets viSolidaire.

Selon une ancienne tradition inca nommée “Ayni” qui prône la solidarité communautaire, les 98 familles de Llachon se sont portées bénévoles pour édifier ce projet en commun. Chaque membre de la famille, qu’il soit hommes, femmes ou enfants, s’est porté volontaire durant les 3 mois qu’a duré le projet.

Maintenant, il s’agit de répéter l’initiative à Chifron, dans le village de Carmen. Les deux soeurs se sont rendues à Llachon et reconnaissent maintenant l’intérêt de “De l’Eau pour Tous”. L’ayant vu de leurs propres yeux, elles croient maintenant en la possibilité que leurs rêves deviennent réalité. Une conduite d’alimentation en eau va être installée. Les deux soeurs sont toutes excitées à l’idée de pouvoir un jour recevoir de l’eau directement dans la communauté, simplement en ouvrant le robinet. Il ne leur reste plus à toutes les deux et aux membres de leur communauté qu’à ressembler leurs forces “Ayni” afin d’édifier ensemble ce projet tant attendu.

A Chifron vivent à peu près une centaine de familles. Grâce aux donateurs et aux parrains de viSolidaire, nous avons réussi à concrétiser une partie du programme “De l’Eau pour Tous”. Mais la bataille est loin d’être gagnée, nous avons encore besoin de vous! Si vous pensez vous aussi que notre travail est indispensable pour ces communautés et que vous souhaitez apporter votre soutien, n’hésitez pas à nous faire parvenir vos dons ; ils sont  plus que nécessaires pour la continuation de nos projets solidaires ! (Contactez nous) Merci.

Pour plus d’informations sur les motifs, la planification et la mise en œuvre du projet “De l’Eau pour Tous”, vous pouvez consulter notre page viSolidaire.

Share Button

Laisser un Commentaire

L'Auteur

Viventura Reisen

viventura
viventura ist dein Spezialist für Rundreisen in Südamerika und bietet innovative Abenteuerreisen zu einem top Preis-Leistungs-Verhältnis. Dank einem Direktvertrieb und den exklusiven Büros vor ... En savoir plus sur l'auteur...

Suivez-nous !

Chercher

Vous aimerez aussi...

Pérou Sud 15j.

Tweeter @viventura_fr

viExplorer

Pérou Bolivie Chili 21j.

21 jours, incl. vols inclus
La trilogie andine
  • Cuzco & Machu Picchu
  • Salar d'Uyuni & Sud Lipez
  • Les lignes de Nazca
  • Désert d'Atacama

à partir de 3690 EUR