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Pour tout savoir sur les élections en Bolivie

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Le 12 Octobre prochain, les rues de La Paz paraîtront bien vides. La raison ? Ce jour-là auront lieu le premier tour de l’élection présidentielle en Bolivie ainsi que les élections législatives et sénatoriales. Pour limiter les risques de fraude, il sera interdit de conduire un quelconque véhicule motorisé en ce jour. Il s’agira de savoir si le président sortant, Evo Morales, sera réélu pour un troisième mandat de cinq ans. Selon le dernier sondage, réalisé par le journal bolivien El Deber, le président sortant l’emporterait avec un score de 52,2% dès le premier tour, soit “en baisse” comparé aux prévisions lui prédisant 56% des voix il y a deux mois. Quels sont les enjeux de ces élections en Bolivie ?

Rues vides de La Paz © <a href="https://www.flickr.com/photos/guellec31" target="_blank">Léo Guellec</a>

Rues vides de La Paz © Léo Guellec

Depuis son accession au pouvoir, Evo Morales a effectué de multiples changements dans l’un des pays les plus pauvres d’Amérique Latine. Peu après son élection il a ainsi nationalisé les réserves d’hydrocarbures par décret, n’autorisant que l’entreprise d’Etat YPFB à les commercialiser, et a obligé toutes les entreprises étrangères présentes dans ce secteur, à renégocier les contrats dans un délai de 180 jours. Il a ainsi cherché à modifier des accords plus favorables aux entreprises étrangères (par exemple : jusqu’en 2005, la Bolivie devait payer une subvention à l’exportation aux compagnies étrangères pour pouvoir vendre son gaz ou son pétrole), n’hésitant pas à faire intervenir l’armée pour occuper les sites des entreprises étrangères récalcitrantes. L’objectif de ces modifications étant que 82% des revenus tirés des hydrocarbures soient reversés à l’Etat.

Il a également modifié la Constitution en 2009, pour faire passer la République de la Bolivie, à l’État plurinational de Bolivie. Le but de ce changement était de prendre en compte le fait que la Bolivie est un pays multi-ethnique et multi-culturel. Ainsi, le Quechua et l’Aymara (langues originellement parlées dans le pays et toujours pratiquées par une large partie de la population) sont devenues des langues officielles au même titre que l’espagnol. Lors de la modification constitutionnelle, le nombre de mandats présidentiels consécutifs a été limité à deux. Evo Morales ayant été élu en 2005 puis en 2011, ses opposants font valoir qu’il ne peut plus se représenter. L’argumentaire développé par le président pour se défendre est de considérer que sa seconde élection ayant été faite après l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, il ne s’agirait, en cas d’élection, que de son second mandat.

Evo Morales © <a href="https://www.flickr.com/photos/sebastian-baryli" target="_blank">Sebastian Baryli</a>

Evo Morales © Sebastian Baryli

Voici les cinq candidats se présentant à cette élection :

– Le président sortant, Evo Morales, qui a été, en 2005, le premier président d’origine indigène élu président de la Bolivie, puis réélu en 2009 avec 64,22% des voix. Son parti, le MAS (Movimiento al Socialismo) dirige la majorité des villes et régions, et domine le Parlement actuel avec une majorité des deux-tiers

Samuel Doria Medina, un entrepreneur et homme politique faisant partie du mouvement Frente de Unidad Nacional, de tendance conservatrice. Il est crédité de 16,7% des voix lors du premier tour

Jorge Quiroga, président du pays de 2001 à 2002, après le départ de l’ancien dictateur Hugo Banzer et ancien vice-président sous ce dernier. Celui-ci a vu son image écornée par des accusations de narcotrafic et d’atteintes aux droits de l’Homme commis lors de son mandat de vice-président. Il se présente avec l’appui du Partido Democrata Cristiano (centre-droit) et est crédité de 8,6% des voix.

– Un autre candidat d’importance se nomme Juan del Granado. Ce dernier a commencé comme avocat, défenseur des droits de l’Homme, avant de se lancer, avec succès, en politique en 1999 et d’être élu maire de La Paz (puis réélu sans interruption jusqu’en 2010). Ancien allié politique d’Evo Morales, lors de l’accession au pouvoir de ce dernier, son parti “Movimiento Sin Miedo” (parti de gauche) s’est éloigné de l’actuel président à partir de 2010 lorsque le MAS a présenté ses propres candidats contre lui pour la mairie de La Paz. Les sondages le créditent d’un score de 2,8%

– Le candidat du parti Vert se nomme Fernando Vargas Mosua. Il a été l’un des leaders de la contestation née en 2011 contre le projet gouvernemental qui prévoyait la construction d’une autoroute sur un parc national considéré jusque-là comme zone protégée, notamment pour les populations indigènes y vivant (TIPNIS). Il a été en tête des manifestations contre le projet et est arrivé à La Paz en héros après avoir dirigé une marche de milliers de personnes jusque la capitale pour demander au président d’abroger le projet

L’opposition n’a pas réussi à présenter un front uni face à Evo Morales et se présente en ordre dispersé. L’appel de Jorge Quiroga aux autres candidats à se rassembler, pour ne garder que le candidat ayant le plus de chances de déloger le président actuel, est resté lettre morte. Ainsi, lors du débat télévisé entre les candidats, le 28 septembre, le seul absent était… Evo Morales. L’argument de son porte-parole pour justifier son absence a été de dire que “celui-ci est en débat direct avec les boliviens, lors de chacun de ses déplacements.”

Le véritable enjeu de cette élection est de savoir si le président sortant sera réélu dès le premier tour ou s’il lui en faudra un second. Mais aussi, s’il conservera sa confortable majorité dans les deux Assemblées.

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L'Auteur

Fabian Rojas

Fabian Rojas
J’ai grandi entre l’Allemagne, la Bolivie et la France et ai donc naturellement été attiré par l’Amérique du Sud. Je suis passionné par la géopolitique et les voyages que je vois comme un ... En savoir plus sur l'auteur...

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