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Projet de tourisme communautaire à Isla Maciel

écrit par Anouk Le Gallou 19 déc. 2019 18:09:00

Au retour comme à l’aller, nous avons traversé le Rioachelo à bord d’une petite barque propulsée à la rame par un costaud tatoué. Si à l’aller nous étions un peu sur nos gardes, au retour c’est un large sourire que nous échangions avec lui, un grand cœur sous une apparence dure. Il nous tendit le coude pour nous faire descendre de sa barque et alors que nous disions “Au Revoir” à Camila, Romina et Carolina, nous sentions que nous avions vécu quelque chose de mémorable. Une grande partie du voyage, c’est la somme des plus belles rencontres.


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Isla Maciel, ce quartier de Buenos Aires mal vu des porteños, est devenu pour nous le souvenir d’une histoire touchante. Quelques heures plus tôt, en chemin vers le “Transbordador”, plus d’un nous mit en garde contre les “chicos malos” (les brigands), nous conseillant de ne surtout pas traverser sur l’autre rive du Rioachelo.

Isla Maciel, c’est un “barrio” isolé : presque une île, car pour y arriver, il faut traverser le fleuve Rioachelo via le pont ou grâce aux services du piroguier tatoué. Le “Transbordador”, un système mécanique de traverse du siècle dernier, n’est plus en fonction depuis que les industriels européens ont quitté les lieux en 1960.

 

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Isla Maciel, c’est un quartier de Buenos Aires qui a vu le jour dans les années 1930 pour fournir en main d’oeuvre des compagnies industrielles navales et des usines frigorifiques. Au plus fort de leurs opérations, plus de 10 000 hommes traversaient le fleuve pour venir y travailler. Avec une telle force de travail, c’est tout le barrio qui florissait : chacun avait sa petite affaire, l’un une taverne, pour l’autre la vente d’uniformes de travail, une cafétéria ou un bistrot… Et un jour, alors que les profits ne justifiaient plus leurs activités, presque toutes les industries se sont re-localisées ou mécanisées, laissant sur place des milliers de chômeurs et des grues abandonnées. Les usines ont fermé leurs portes, et la criminalité a remplacé les ouvriers sur la rive sud. La quasi-totalité des commerces sont morts, mais les habitants d’Isla Maciel eux, sont restés chez eux. Nous en avons parlé longuement avec Horacio et Marcella, des anciens; lorsque l’on fait partie d’une communauté, partir n’est pas une option.

Aujourd’hui, Isla Maciel est un barrio oublié. Les Porteños le regardent d’un mauvais œil; il est synonyme de préjugés et de discrimination. Et pourtant, les habitants s’accrochent à leur quartier. C’est une leçon de dignité et d’attachement. Avec beaucoup de générosité, nos trois amies, accompagnées de Marcela et d’Horacio, nous ont guidées dans les rues du barrio en nous racontant leur histoire, et surtout en nous partageant leurs fiertés et leurs espoirs. Ils ne cachent rien du passé ni du présent : la pauvreté, la dignité, le travail, l’absence de travail, les rues en terre, les déchets, les commerces abandonnés, les nouvelles initiatives, la volonté d’exister.

Isla Maciel est un quartier modeste certes, mais nous y avons découvert la richesse d’une volonté collective : une initiative autogérée a fait naître le “Museo comunitario Isla Maciel”, un itinéraire historique de tourisme communautaire, et un projet culturel «Pinto la Isla », via lequel des artistes du monde entier viennent peindre dans leurs rues. C’est une action efficace, puisque non seulement les rues s’embellissent, mais les habitants se sentent mis en valeur. C’est l’auto-estime de tout le quartier qui est renforcée. Les 200 murales colorées sont à la fois un discours urbain, une mémoire collective et une fierté pour les voisins qui savent que l’on vient de loin pour peindre chez eux.

 

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La beauté est dans le symbole. Le Transbordador, ce pont mécanique qui nous paraissait ruiner le paysage, est un monument rassurant pour les habitants. Ils refusent de voir les maisons s'élever à plus de deux étages pour ne pas risquer de le cacher. Le Transbordador, c’est la toile de fond de toute une communauté. Les gens en parlent avec affection, symbole d’une époque plus facile. Les anciens se souviennent du va-et-vient de la nacelle, et les jeunes rêvent de la voir un jour en mouvement. 

 

Nous n’avons pris aucune photo, par respect et à leur demande. Mais notre tête était remplie d’images colorées, et de la chance d'être reçues dans un lieu unique. Nous comprenons mieux le sens de l’affiche “Bienvenus à la fameuse Isla Maciel!” que l’on voit en accostant. Isla Maciel brille de sourires authentiques : c’est le récit d’un passé difficile et celui d’une communauté inoubliable. Nous nous sommes assises un moment pour prendre le temps de réaliser ce que nous avions vécu, en souhaitant beaucoup de visiteurs à ce projet de tourisme communautaire, la meilleure manière de voyager !

 

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