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Equateur : Simone, un ange gardien pour les petits équatoriens

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Ce sont deux belles matinées ensoleillées que j’ai passées avec Simone. Cette française âgée de 72 ans, a choisi de dédier le restant de sa vie à la cause humanitaire et à l’aide sociale. Ancienne cadre dans une entreprise de machines agricoles, Simone s’est efforcée depuis l’âge de 16 ans de se construire une belle carrière afin de pouvoir ensuite réaliser son rêve d’enfant : aider des personnes dans le besoin. C´est donc tout naturellement qu’elle s’est tournée vers l’humanitaire lorsqu’elle s’est mise à la retraite.

Après avoir voyagé en Afrique, elle s’est alors tournée vers l’Amérique du sud et c’est par un pur hasard suite à un voyage au Pérou, qu’elle s’est proposée comme volontaire au centre pour l’enfance équatorien (INFA), grâce à l’un de ses contacts en Afrique. Et cela fait maintenant près de 10 ans qu’elle y déploie ses efforts… Le travail de Simone est très particulier. La première chose qu’elle me dit lorsque je lui demande pourquoi elle a choisi l’Equateur, c’est : “je n’ai rien choisi, c’était mon destin, c’est l’Equateur qui m’a choisie”. Et lorsque j’insiste, elle me répond qu’elle a beaucoup voyagé en Afrique, qu’elle y a vu toute la misère du monde et que sûrement ces enfants sont plus malheureux et ont mille et une raisons de pleurer. Cependant, elle n’a pourtant jamais vu plus de tristesse que dans les yeux de certains petits enfants des Andes équatoriennes, comme s’ils avaient abandonné tout espoir d’une vie meilleure.

“Ils mangent du riz matin et soir… quand ils ont un repas le soir ! Ce ne sont pas des repas équilibrés pour de jeunes enfants”. Avec l’argent de sa retraite, elle fonde sa propre asociation, “Essor Ecuador”, et en est le principal membre actif. Elle loue alors un grand terrain et une maison, à une vingtaine de kilomètres de Quito, afin d’y créer de petites parcelles et de pouvoir ainsi développer une activité agricole. Le but ? C’est tout d’abord de permettre aux enfants des familles les plus démunies, souvent des “enfants de la rue”, puisqu’ils y travaillent pour aider leurs familles à survivre, de venir passer quelques journées avec elle, de cultiver eux-mêmes leurs petits lopins de terre et de récolter ainsi les légumes obtenus afin de les rapporter dans leurs familles. Simone leur apprend également comment les cuisiner et leur enseigne quelles sont les parties comestibles des légumes les plus bénéfiques pour la santé.

Mais c’est également une leçon de vie, afin qu’ils apprennent le plus important : on a jamais rien sans rien, il faut toujours travailler pour pouvoir obtenir ce que l’on veut. Simone accueille ces enfants en partenariat avec le centre pour l’enfance équatorien mais cultive également ses propres lopins de terre afin d’en distribuer gratuitement les récoltes à des maisons de retraite, des couvents ou encore des écoles, et ceci chaque semaine !

La première fois que j’ai vu Simone, je me suis dit “quelle drôle de dame”. Toute petite, avec un regard franc, voir sarcastique, le regard d’une femme qui en a vu beaucoup, qui en a fait beaucoup. Je suis très étonnée, la maison est très grande et la vue magnifique. Simone a atteint son but, toutes ces variétés de fruits et légumes doivent faire le bonheur des enfants. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est sa réponse lorsque je lui demande avec qui elle vit et qu’elle me répond “toute seule avec mes chats !”. Dans une grande maison comme celle-là et avec un si beau jardin, une vieille dame étrangère, sans même un gros chien comme dans pratiquement toutes les maisons équatoriennes! Une femme de ménage l’aide dans la journée pour quelques tâches de ménage mais c’est elle qui fait le principal… Et qui s’occupe de ses plantations ! Avec sa grosse pelle, elle vérifie que tous les lopins de terre ont bien été irrigués. Avec sa démarche rapide je la vois creuser, tapoter, recreuser avec sa pelle et je reste plantée là, me sentant un peu bête à cause de mon ignorance totale en agriculture.

Simone est une petite dame au très grand coeur et au fort caractère; après avoir parlé pendant deux heures, elle me propose de repasser un jour prochain, lorsque les enfants seront là, car les mois de juillet et août sont les périodes de vacances estivales. Le contact est bien passé et je suis impressionnée par tant de vigueur, si bien que je me demande qui est réellement la plus jeune de nous deux. Le rendez vous est fixé dans une semaine.

C’est munie de deux gros sacs de raisins pour les enfants que je reviens la semaine suivante. Au programme : aller les chercher à la piscine, leur préparer à manger puis les aider à récolter leurs légumes. Après avoir été chercher les enfants à la piscine, nous leur servons donc leurs déjeuners dans une grande assiette puis à la fin du repas, nous nous dirigeons tous vers le jardin pour récolter les légumes des enfants. Le petit José amène la brouette (j’ai bien tenté de lui voler quelques photos mais le chenapan ne voulait pas se laisser faire !). Et on commence le travail, Simone la première, toujours munie de sa pelle, montre l’exemple aux enfants, qui, tout contents, ramassent leurs lots de carottes et leurs poireaux, puis à la file indienne, récoltent leurs laitues. Au final, chacun repartira avec un gros sac sur le dos et dans la bonne humeur, avec en plus de bons conseils culinaires prodigués par Simone.

Durant le repas, Simone et moi en avons profité pour parler. De cette deuxième visite mes premières impressions sont confirmées. Simone est une solitaire au caractère très fort. Elle m’explique que son but principal est le bien-être des enfants et leurs sourires, sa récompense. Peu à peu elle me fait découvrir un univers que j’étais loin d’imaginer.

Simone m´explique que certaines familles vivent entassées dans une seule pièce, ce qui entraîne parfois des relations incestueuses entre les enfants. Elle me parle également de cette jeune fille âgée d’à peine 12 ans qui se fait abuser par le conjoint de sa mère. Simone fait tout son possible pour que les services sociaux réagissent car elle voit tant de désespoir dans les yeux de cette enfant qu’elle craint qu’elle ne se suicide.

Pourtant, à mes yeux, l’Equateur n’est pas un pays sous développé comme j’ai pu le voir en Afrique. C’est un pays moderne où les croyances et le conservatisme sont encore bien ancrés dans la conscience populaire. Comment imaginer alors tant de misère et d’injustices concernant les enfants, qui devraient par-dessus tout être protégés? Elle me parle également, un peu désillusionnée, de l’envers du décors des prétendues aides sociales ou aides humanitaires, et de la corruption à laquelle elle a été confrontée.

Pour Simone, la bataille est quotidienne. Sa famille lui reproche d’avoir laissé ses deux filles en France au profit de petits équatoriens. Ses filles étaient pourtant majeures lors de son départ. Elle est considérée comme une marginale dans sa famille. En effet, pourquoi n’utilise-t’elle pas son argent pour elle ou pour ses filles au lieu de le dépenser pour des enfants des rues ?

Chaque mois, Simone utilise sa maigre retraite pour aider les enfants de la rue, pour que cette génération, futur de l’Equateur, puisse se prendre en main de façon plus active et consciente et pour qu’ils s’imprègnent de valeurs importantes comme celles du travail, de l’honnêteté et du respect. Elle a d’ailleurs d’ores et déjà été récompensée pour son travail par diférents prix français destinés à l’encourager et attirer l’attention du public sur son oeuvre, toute aide étant la bienvenue.

C’est une belle leçon de vie que celle de Simone, peu de gens peuvent se targuer d’avoir réellement accompli quelque chose qui dépasse leur intérêt personnel en agissant pour les autres, non pas pour se donner bonne conscience mais en agissant concrètement pour faire avancer les choses.

Simone est une belle citoyenne du monde et j’espère de tout mon cœur, que passés les 70 ans, je serai au moins aussi vigoureuse et volontaire qu’elle…

Si vous souhaitez plus d’informations sur son association, vous pouvez consulter son site : http://essor-ecuador.ifrance.com/

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un commentaire à “Equateur : Simone, un ange gardien pour les petits équatoriens”

  1. LEDY says:

    Bonjour Simone
    J’étais en ecuador avec Noelle (la tante de Raphael qui doit etre aupres de vous) en 2001
    – J’y suis retourné en 2002 et ai rencontre rbugli … je ne sais plus son nom mais je viens de lui envoyer un mail
    – j’ai une amie, Paulette, qui va en Ecuador en juin retrouver une amie Erika qui habite Quito et travaille avec son pere aux gallapagos
    Je lui ai parle de vous
    – J’ai egalement rencontre votre niece lors de la presentation d’une formation sur le learder ship, et ses applications avec un cheval
    C’etait a la chambre de commerce de dijon

    Nous avons parle de vous – Pourriez vous me donner ses coordonnées ?

    A bientot de vous lire et de vous transmettre plus d’informations sur mon amie

    Je vous souhaite une tres belle journée qui commence pour vous (ici il est 13.45 ..)

    a bientot
    cordialement
    LEDY Jean christian
    Santenay en Bourgogne

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