Viventura rencontre le Secours Catholique - Un projet de tourisme communautaire au Lac Titicaca

Ecrit par hestersamoray s 25 oct. 2017 10:06:38

Chers lecteurs,

Aujourd'hui, dans le cadre de notre campagne #ViventuraRencontre, je rejoins l'équipe du Secours Catholique afin de visiter un de leurs projets de tourisme communautaire en Bolivie. Le Secours Catholique travaille avec UNITAS (l'Union Nationale des Institutions pour le Travail d'Action Sociale), un réseau national de 21 ONG qui oeuvrent pour le développement de la Bolivie. Le projet concerné s'appelle "Artesania de Igachi para un espacio comunitario" (soit "Artisanat d'Igachi pour un espace communautaire"). Il consiste à améliorer la qualité des produits que la communauté d'Igachi vend aux visiteurs. Igachi est un petit village situé sur la route du lac Titicaca.

 

Tourisme communautaire à Igachi : les différentes organisations impliquées

Je rejoins les bureaux de UNITAS

Ce lundi, tôt dans la matinée, je me rends dans les bureaux d'UNITAS à La Paz où je rencontre Fanny. Fanny est la responsable qui a organisé ma visite au sein de la communauté d'Igachi. Cela n'a pas été si facile à planifier à cause d'un blocus qui a eu lieu sur la route qui lie La Paz au lac Titicaca. En effet, le gouvernement impose aux vendeurs de rue une taxe que ces derniers refusent de payer, au vue de leurs faibles revenus. De ce fait, les vendeurs bloquent parfois la route en signe de protestation.

UNITAS travaille également main dans la main avec une autre organisation bolivienne, la CIEP (Centro de Inverstigaciones de Energia y Poblacion). La CIEP est  une entité non-gouvernementale qui lutte contre la pauvreté en zone rurale, grâce au soutien et aux actions d'initiatives entrepreunariales. Son objectif est d'utiliser les traditions et les ressources locales pour faire face aux défis actuels. Aujourd'hui, la CIEP s'interesse beaucoup au secteur touristique qui garantit une source sure de revenus pour la communauté et qui permet aux voyageurs de jouir de l'artisanat local.

Un peu plus tard, la fondatrice de la CIEP vient me chercher aux bureaux d' UNITAS, elle s'appelle Sonja. Nous montons dans le taxi et nous partons pour Igachi, en passant par El Alto, la ville la plus pauvre de Bolivie.

Le chauffeur de taxi sait exactement où passer pour éviter les blocus. Sonja demande à ce que l'on s'arrête afin d'aller acheter du pain pour nous tous. Elle revient et me dit que nous arrivons dans 5 petites minutes au village où se trouve la communauté...

 

Le tourisme communautaire à Igachi : basé sur la culture Aymara et l'artisanat

...Quelques minutes plus tard, j'aperçois une immense et très jolie maison perchée en haut de la montagne. Nous descendons de la voiture et entrons dans cette maison. Un groupe de personnes appartenant à la communauté sont assises autour de trois grandes tables et nous saluent. J'admire les pièces artisanales faites de céramique, posées sur les tables. Sonja m'explique leur projet : organiser pour les touristes allant de La Paz au lac Titicaca une journée de visite au sein de la communauté. Les groupes de touristes réserveraient une journée pour visiter le village d'Igachi. Un petit déjeuner serait préparé et ils verraient ensuite comment les membres de la communauté fabriquent les objets artisanaux. A leur tour, les voyageurs pourraient s'essayer au travail de la céramique. Un musée de la céramique est d'ailleurs en construction. Par ailleurs, l'ouverture d'une boulangerie et la possibilité pour les touristes de faire eux-mêmes leur pain est aussi en projet.

 

Pièces artisanales faites en céramique par la communauté Pièces artisanales faites en céramique par la communauté

Sonja m'explique que la plupart des personnes ici-présentes sont issues de la culture Aymara. Ces influences culturelles se reflètent dans leur artisanat. Le mot Aymara désigne à la fois le peuple originaire des rives du lac Titicaca et de l'altiplano bolivien, et, une langue vernaculaire. Depuis la présidence d' Evo Morales (d'origine Aymara) et la nouvelle Constitution du 26 janvier 2009, l'Aymara est reconnue comme une langue officielle en Bolivie.

Sonja a pour mission de valider les créations en céramique. Sont-elles réussies ou non ? La plupart le sont. D'autres sont de mauvaise qualité et ne pourront être vendues. Plus tard, après la vérification, nous nous rassemblons et déjeunons du riz avec des pommes de terre deshydratées appelées Chuños, c'est une spécialité andine.

 

 Le tourisme communautaire : création de nouvelles forces de la société civile

Le tourisme communautaire permet aux communautés de devenir acteurs de leur destin Le tourisme communautaire permet aux communautés de devenir acteurs de leur destin

Même s'ils sont encore peu développés, les projets de tourisme communautaire, où l'accueil des visiteurs est géré par des populations locales souvent issues de régions rurales et pauvres, intéressent de plus en plus de voyageurs.
Le Secours Catholique soutient ces projets qui visent à développer les capacités des populations défavorisées, qui cherchent à se prendre en main et à être acteurs de leur destin. Lorsque les communautés sont organisées en association, c'est un avantage pour pouvoir agir auprès des autorités locales et faciliter l'application des lois.

Les partenaires du Secours Catholique en Bolivie oeuvrent tous dans ce sens là. Le projet d'UNITAS rentre dans le cadre de soutien aux petits projets qui ne trouvent aucune aide auprès d'autres institutions, à cause de sa taille et son peu d'expérience. Par là, le Secours Catholique encourage la naissance de nouvelles forces de la société civile. De plus, lorsque les projets sont portés par les bénéficiaires eux-mêmes, le succès est quasi assuré.

Le tourisme communautaire, c'est-à-dire le tourisme issu des communautés, entraîne de nombreux bénéfices tels que la réduction de la pauvreté et la création d'emplois. En prenant en charge des projets de développement touristiques, les populations locales permettent la croissance de leur région ainsi que leur autogestion.

 

En route vers le légendaire lac Titicaca...

Nous reprenons ensuite la route, direction le lac Titicaca. Je suis tout à fait emerveillée à l'idée de me retrouver face au lac navigable le plus haut du monde, soit 3 812 mètre d'altitude...

Le lac Titicaca et son cortège de légendes Le lac Titicaca et son cortège de légendes

... Face à moi, une intensité et immensité de bleu. Autour de ce lac, atypique et magique, de nombreuses légendes émanent. Parmi elles, en voici une : "la légende des pumas de pierre". Elle raconte que des hommes vivaient en parfaite harmonie, paisiblement, heureux, dans une vallée très fertile. Leur seul interdit était de braver les montagnes environnantes. Un jour, le diable, pris d'un élan de jalousie face à cette imperturbable tranquilité, leur dit de gravir les montagnes pour aller chercher le feu sacré. S'ils ne s'executaient pas, un malheur allait s'abattre sur eux. Mais, misère ! Les dieux de la montagne, appelés les "Apus", les surprirent. Furieux, ils firent s'échapper des cavernes les pumas, qui dévorèrent tout cru la population. Face à cette tragédie humaine, le dieu du soleil, Inti, vénéré par les hommes, pleura sans interruption pendant 40 jours et 40 nuits. Ses larmes inondèrent la vallée et créèrent le lac Titicaca. Un seul couple survécut en s'isolant dans une petite barque. De leur cache, ils virent les pumas manger les hommes puis se transformer en pierre. C'est pourquoi le lac s'appelle "el lago de los pumas de piedra", le lac aux pumas de pierre.

 

Maintenant, il est l'heure de dire au revoir...

Nous reprenons l'autoroute et rebroussons chemin en direction de La Paz ! Si vous souhaitez voyager en Bolivie et visiter un des projets sociaux menés par Viventura et notre fondation viSocial, découvrez notre circuit !

 

Article traduit par Alice Wyseur.

Tags: A savoir !

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