Viventura rencontre Terre Des Hommes Suisse - Un projet à El Alto

Ecrit par hestersamoray 10 oct. 2017 16:48:28
Chers lecteurs,

Dans le cadre de notre campagne #ViventuraRencontre, je suis allée visiter le projet de Terre des Hommes Suisse, à El Alto, en Bolivie.

La Bolivie demeure un des pays les plus pauvres d’Amérique latine, même si de nombreux progrès ont vu le jour ces dernières années. En effet, le nombre d’indigents en situation de grande pauvreté a indubitablement diminué. Selon les données officielles de l’Instituto Nacional de Estadística (INE), le nombre de personnes en situation de pauvreté serait passé de 59,6% à 38,6% entre 2005 et 2015. Par ailleurs, sur le plan politico-social, le nouveau Code de l’enfance et de l’adolescence du pays reconnaît le droit à une pleine participation des enfants et des jeunes dans la vie familiale, sociale et politique. L'évolution de la Bolivie est donc prometteuse mais le chemin est encore long.

 

Ce mardi matin, je rejoins Juan Carlos au Square San Fransisco, devant l'Eglise. Nous faisons connaissance puis nous partons en direction d'El Alto, une des villes les plus hautes du monde (4 149 m d'altitude), à l'ouest de La Paz. Une fois arrivés, mes premières impressions sont intenses : les rues sont bondées, le trafic est bouché, l'agitation est maximale. El Alto a été fondée il y a environ 30 ans et compte déjà plus d'un million d'habitants. Au départ, El Alto était simplement une banlieue de La Paz, peuplée par l'exode rural. Beaucoup de personnes fuyaient les campagnes pour tenter leur chance en milieu urbain. Aujourd'hui, El Alto est la 3ème plus grande agglomération de Bolivie.

 

 
El Alto
 

 

Juan Carlos m'emmène vers les bureaux dans lesquels il travaille deux jours par semaine. Ces bureaux sont dédiés à la defense des droits des enfants et adolescents. Le reste du temps,  il s'occupe d'un projet concernant la protection des ressources naturelles en Bolivie, à La Paz. Juan Carlos travaille pour le Ceadl (Centre d’études et d’appui au développement local). Terre des Hommes Suisse a créé un partenariat avec le Ceadl , une association de jeunes et de professionnels axée sur la participation citoyenne et la formation politique des jeunes. Ainsi, l'ONG s'investit dans ce projet main dans la main avec une organisation locale. Différents groupes de jeunes échangent avec différentes organisations sur leurs expériences et leur travail.

 

Nous montons les étages et nous arrivons dans les bureaux. Ils s'apparentent à un appartement. Un groupe de jeunes et d'autres membres de l'équipe sont assis  sur les canapés, dans le salon. Tout le monde se présente, Gonzalo est le directeur. Tous travaillent pour la défense des droits de l'Homme : droits des femmes, droits des enfants et adolescents, droits des homosexuel(le)s. Dans un contexte chaotique où un quart de la population n'a pas accès à l'eau courante, où plusieurs parties de la ville sont privées d'electricité, le gouvernement semble se désintéresser du respect des droits de l'Homme. Il est donc d'autant plus difficile pour les habitants de mener à bien leur combat. Difficile mais pas impossible.
 
 

La ville a déjà bien changé, et ce,  en très peu de temps. El Alto est désormais un point de repère commercial. D'anciens fermiers très pauvres ont pu se convertir en vendeurs et gagner un salaire décent. El Alto véhicule à la population un espoir de s'en sortir. Le défi majeur est de bâtir une cité d'avenir pour les jeunes. Une ville où les jeunes puissent s'exprimer librement, obtenir des droits protégés par des lois, vivre en sécurité.

 

Ezrael Claros Hilario  - assis sur un coin de la table - est auteur de pièces de théâtre et également acteur. A travers les pièces qu'il écrit, il souhaite sensibiliser les spectateurs aux problèmes qui touchent la jeunesse. Son projet est de monter un centre culturel à El Alto et ainsi, rendre les jeunes acteurs de leur vie.

 

 

Nous avons déjeuné tous ensemble, puis, les enfants ont dû s'en aller à des réunions, à l'école, ou encore, au travail. Moi aussi je devais rentrer. Il était l'heure pour moi de retourner à La Paz, de prendre ma plume et d'écrire. Catherine et Carla, deux jeunes femmes présentes ce matin, décident de m'accompagner. Catherine a 30 ans, elle étudie à La Paz pour devenir professeure. Carla, elle, 21 ans, est étudiante en droit. Elle s'implique dans un projet de gestion de l'exploitation des ressources naturelles et s'investit pour la protection de l'environnement.

 

Elles m'interrogent sur ce qui m'interesse particulièrement dans le vaste sujet des Droits de l'Homme. Je leur réponds que mon combat est celui de l'acquisition des Droits de l'Homme les plus vitaux, les plus essentiels à la survie :  droit d'accès à la nourriture, droit à l'eau potable,  droit à un niveau de vie décent. "Qu'est ce qui te choque le plus à El Alto ?" enchaîne Charlie. "Honnêtement, l'environnement de la ville, le climat, me préoccupent beaucoup", je réponds. La problématique environnementale qui nous concerne tous, sera le plus gros challenge des prochaines années. Nous devons penser aux jeunes et futures générations. Une vraie prise de conscience collective est nécessaire. Je raconte le projet WWF que j'ai visité il y a quelques jours à La Paz. Le projet consiste à sensibiliser les enfants au changement climatique, leur montrer de quelle manière La Paz est affectée et quels comportements adopter au quotidien.  Pour changer les choses, il faut travailler avec et pour les enfants, les enfants sont l'avenir.

 

L’objectif principal du projet de Terre des Hommes Suisse est en fait de former des jeunes, de leur faire prendre conscience des problèmes inhérents à leur ville comme la violence, l'hygiène, l'environnement... et de les élever en leaders, capables d’assumer des rôles de représentation politique dans leurs quartiers et leurs organisations. Terre des Hommes Suisse doit aider les jeunes à prendre la parole, à défendre leur citoyenneté et leurs droits, et à transmettre ensuite ce leadership aux plus jeunes.

 

 
 
 

 

 

A bientôt... Prochaine étape : Viventura rencontre un projet à Potosi !

 

Article traduit par Alice Wyseur.

Tags: Reportages, Bolivie, La Paz

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