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Musique colombienne : guide d’une diversité incroyable

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Shakira vous connaissez ?? Non non je plaisante.  Enfin oui vous connaissez mais non, cet article ne racontera pas la vie de la star colombienne. Plongeons plutôt au coeur de la musique colombienne, entre tradition et modernité.

La Colombie passionne et sa musique est simplement à l’image du pays. Excessivement variée comme ses paysages, chaleureuse comme sa population, riche comme ses rencontres, contestataire comme son passé… La liste est longue mais je pense que vous avez saisi. Nicolas Sauvain, auteur pour Classe Internationale, me racontait : “La musique colombienne propage le message du métissage à l’image de ses multiples origines, elle incarne un pays divers, à la population mélangée”.

La Colombie ne semble laisser personne indifférent. Mystérieuse, elle intrigue, elle interpelle et interroge. Elle attire l’oeil étranger, notamment lorsque le peuple refuse un accord de paix entre FARC et gouvernement.  Alors quoi de plus naturel que de s’intéresser au folklore du pays pour apprendre à mieux le connaître ?

 

Un peu d’Histoire

musique colombienne Christophe Colomb

L’arrivée de Christophe Colomb en Amérique

Dotés d’instruments primitifs similaires à la flute, les indigènes n’ont pas attendu la venue de Christophe Colomb pour se déhancher sur des rythmes cadencés ou sur des chansons langoureuses. Le professeur Ernito de Lima raconte qu’à la fin du XVe siècle, les colons espagnols comptaient bon nombre de musiciens, lesquels chargés au préalable d’influences arabes, venaient exercer leur art sur le nouveau continent. Des rencontres musicales ont ainsi vu le jour entre des cultures que tout opposait, pour donner naissance à de nouveaux genres. L’origine de la musique colombienne se trouve sans doute là, quelque part entre ses lignes succinctes, entre festivité et lutte, paix et colonialisme, fougue et délicatesse.

 

Les principaux rythmes caribéens

 

La Cumbia

Même si vous n’êtes pas fin spécialiste de la musique colombienne, vous avez entendu parler de Cumbia. Probablement le rythme le plus connu à l’extérieur du pays, elle tire son origine de danses africaines, pratiquées par les esclaves au XVIIème siècle. Passée ensuite dans le mixeur culturel des populations qui se la sont appropriée au fil du temps (colombienne et espagnole notamment), elle réchauffe aujourd’hui les bars aux quatre coins du monde. Tambours, maracas et guacharaca (percussion) retentissent ensemble pour mettre le feu au poudre. Qu’elle soit traditionnelle (sans chant) ou moderne (avec), la Cumbia donne l’envie incessante de bouger, de danser et de faire la fête !
“Mère de toutes les musiques colombiennes”, ses héros s’appellent Andres Landero ou Joe Arroyo pour ne citer qu’eux. Voici d’ailleurs une mise en bouche servie par le mythique Landero :

 

Le Vallenato

En Colombie, si la Cumbia est reine, alors le Vallenato y est roi. Né au début de siècle dernier à Valledupar, le Vallenato résonne aujourd’hui un peu partout en Colombie et ailleurs. A la fois romantique et joyeux, ce style tire sa force du mariage entre l’accordéoniste et son chanteur. Une alliance que Gabriel Garcia Marquez n’hésite pas à utiliser pour imager sa plus belle oeuvre “Cent ans de solitude” comme “un Vallenato de 300 pages”, en raison de sa dimension homérique.

Ce style prend forme sous 4 rythmes différents, le paseo, le merengue, le puya ou le son, qui sont autant de variantes à connaître pour humer l’air chaud caribéen.

Si je ne devais citer qu’un titre comme fer de lance de cette musique colombienne, ce serait probablement La gota fria”. L’auteur ? Eh bien on ne sait plus trop ! Deux artistes, Emiliano Zuleta Baquero et Lorenzo Morales  se sont disputés la paternité de ce bijou dans la première moitié du XXème siècle. Pour les mettre d’accord, je vous laisse ici la reprise du très célèbre Carlos Vives.

La nouvelle vague vallenata, héritage de cette culture, s’est installée dans le paysage musical colombien pour propulser des artistes comme Silvestre Dangond sur le devant de la scène.
Christel & Nilver du site Que hubo en Paris m’ont également parlé du Vallenato pop. Une sorte de Vallenato alternatif, exemple de musique contemporaine colombienne puisant ces sources dans la musique traditionnelle. Ils m’ont d’ailleurs chaudement recommandé le titre “La terra del olvido” encore par Vives que vous trouverez ci-dessous. Attention, le clip vous donnera une folle envie de voyager en Colombie.

 

Le Mapalé

Introduit en Colombie il y a plus de 400 ans par les esclaves du golfe de Guinée et d’Angola, le Mapalé respire l’Afrique à chaque mesure. C’est un rythme extrêmement rapide, avec des mouvements frénétiques voire même érotiques. L’expression de pulsions internes, que musiciens et danseurs font vivre sur fond de mer des Caraïbes.

L’origine d’un tel nom ? Un poisson ! Le mapalé, pêché sur les rives du Magdalena est connu pour gigoter violemment des heures suivant sa sortie de l’eau. La légende raconte que lorsque la pêche fut bonne, les esclaves sortaient les tambours et festoyaient jusqu’au jour. Une danse en symbole de résistance, où les esclaves, même exténués après de longues heures de labeur, sautaient, chutaient, se trémoussaient pour célébrer la vie.

Aujourd’hui, il n’est plus question de poisson mais bien d’une danse sensuelle en ligne ou en couple, où différentes percussions comme le tambour frappé à la main ou à la baguette dictent le tempo.

Pour avoir un aperçu de ce rythme fou, un échantillon ici !

musique colombienne

© Luz Adriana Villa

 

La Champeta

Urbaine, moderne et commerciale, la Champeta a été reconnue comme genre musical dans les années 80. Son nom vient d’un couteau utilisé autrefois pour le travail agricole, la cuisine et pour se défendre. C’est dans la région de Carthagène que ce rythme fut identifié avant de s’étendre sur d’autres territoires.
Une base rythmique forte (basse et percussions), prenant le pas sur la mélodie (guitare, chant et synthétiseur) fait de la Champeta un style associé à la musique noire. Dotée d’une intro, d’un chorus et d’un “Despeluque”, elle peut aujourd’hui se comparer à d’autres rythmes festifs comme le zouk.

musique Colombienne. Carthagène

Carthagène

 

Les principaux rythmes du Pacifique

 

La Salsa

Ah la Salsa !! D’origine cubaine, il a fallu attendre les années 60 pour qu’elle arrive jusqu’en Colombie. Si vous étiez à Cali à cette époque, et notamment lors de la foire annuelle, vous avez pu voir certains musiciens de Porto Rico introduire ce style et ouvrir un nouveau champ de perspectives à tout un peuple. Le résultat fut sans appel : Cali fut reconnue comme « Capitale mondiale de la salsa ».

En Colombie, la Salsa se danse quelque peu différemment que ce que l’on peut voir à Cuba par exemple. La principale divergence : un jeu de jambes extrêmement rapide !

Ses bases instrumentales sont de trois sortes : rythmique (basse, piano, congos, timbales), une section cuivre (trompette, trombone) et une partie chant (soliste et choeurs).

Certains artistes ont laissé une empreinte profonde sur ce genre et leur aura dépassent très largement les frontières colombiennes. Je pense forcément à Joe Arroyo, La 33 ou encore El grupo Niche pour ne citer qu’eux.

Je vous laisse d’ailleurs avec Joe Arroyo et son titre “La Rebelión”, véritable plaidoyer contre l’esclavage :

 

Le Currulao

C’est l’un des rythmes les plus populaires de la côte pacifique. Le Currulao tire son origine des esclaves noirs venus d’Afrique pour plus tard s’enrichir d’influences européennes. Son nom vient du mot “Cununao” faisant référence aux nombreuses percussions utilisées, comme par exemple le Marimba de Chonta, ancêtre du xylophone.

La présence d’une soliste et d’un choeur qui se répondent ajoute une dimension religieuse dont nos oreilles se délectent à chaque écoute. La preuve :

 

Les principaux rythmes de la région andine

 

Le Bambuco

Véritable mythe de la musique colombienne dans cette région, le Bambuco représente l’expression de ce folklore andin. L’origine de ce nom est assez confuse notamment parce que sa génétique rythmique tire son ADN depuis les quatre coins du monde. Ou plutôt trois : les montagnes andines, l’Ouest africain et l’Espagne. La guitare, la bandola (sorte de mandoline) et le tiple (petite guitare à 12 cordes) résonnent ensemble pour accompagner un éventuel chant gai et langoureux.

On le danse en couple, à trois temps, avec fougue et finesse et en tenue traditionnelle s’il vous plait !

musique colombienne : bambuco

© Wikipedia

 

La Guabina

Imaginez ces femmes des hauts plateaux andins, innocentes, dont la mantille (sorte de châle) pare les avances chorégraphiques de leur homologue danseur. Le site Colombia-SA nous apprend que cette conversation scénique prend forme sur un rythme typique des départements du Huila, Tolima, Santander et de Bayacá. L’auteur ajoute que la guabina se forge grâce à des rythmes de danza et de totorbellino auxquels un chant vocal se greffe pour rappeler une certaine douceur.

Si vous passez par Vélez au début du mois d’août, ne manquez pas le festival national dédié à la guabina !

 

Carranga

Du génie de Jorge Velosa est née la Carranga. Originaire du département de Boyaca, cette musique colombienne a vu le jour dans les années 70 grâce à cet homme. Avec ses amis de Los Carrangueros de Ráquira, il a insufflé un nouveau genre façonné par l’amour de la terre et de la nature. Une musique écologique et paysanne donc, où la bonne humeur s’accorde à l’aide d’une guitare, du tiple, du requinto (sorte de guitare) et d’un guacharaca, une percussion locale.

Pour finir je vous laisse ici son titre “El rey pobre” en écoute sur Youtube. Enjoy 🙂

musique colombienne. Boyaca

Un petit village perché, à Boyaca en Colombie. © Rosalba Tarazona

 

Nouvelle scène alternative

 

Pour finir cet article, il m’a paru essentiel de dire quelques mots sur l’héritage laissé par les différents styles évoqués précédemment. Certains artistes contemporains se sont inspirés de leur ainés en y ajoutant une subtile touche de modernité. Les ChocQuibTown perpétuent d’ailleurs l’excellente diversité colombienne depuis les années 2000 en imposant leur patte sur la scène hip hop d’Amérique latine avec des titres comme De donde vengo yo.

Musique colombienne : Chocquibtown

© Chocquibtown

Dans un registre différent, Systema Solar est également devenu populaire en Colombie grâce à un rythme saisissant et festif invitant l’auditeur à se trémousser sur le dancefloor, le sourire aux lèvres ! Une base traditionnelle faite de cumbia et de champeta qui se mélange parfaitement avec des styles plus modernes comme la dance ou le hip hop. Même son de cloche pour le très bon Bomba Estereo, véritable pépite musicale puisant ses inspirations entre Hip Hop, musique électronique et cumbia.

On termine ce chapitre avec Monsieur Perine. Ne vous laissez pas troubler par l’originalité de leur nom, ce groupe d’inspirations jazz manouche/pop est d’une fraicheur déroutante. Ils empruntent quelques sonorités du maître Django Reinhardt pour les confronter à la musique populaire latino-américaine. Le résultat est plus que savoureux !

 

Vous en savez désormais plus sur la musique colombienne et ses différents rythmes en fonction de leurs régions d’origine. Cet article n’a pas la prétention de couvrir tous les styles musicaux colombiens mais seulement ceux qu’il me tenait à coeur de vous présenter. Votre style préféré n’est pas dans cette article ? N’hésitez à laisser un commentaire pour nous en parler 🙂

Retrouvez notre playlist Loca sur notre chaine youtube !

 

Sources

Colombie SA. Que hubo en Paris. Classe Internationale. Les Inrocks. Les vents nous portent. Iremus CNRS. Libération. France Musique. Unesco. Solar Physics Montana. Wikipedia. Musique arabe over. JSTOR. Montunoson. Langeasy. Colombia.com. Darloup. Que Chevere. Los Koyas. Civilisations.

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4 commentaires à “Musique colombienne : guide d’une diversité incroyable”

  1. Mariacristina says:

    J’aime bien ce blog, bien fait et bien conçu

  2. Espitia Yorley says:

    Bravoooooooo ! Notre musique, notre coeur, notre amour ; quelle meilleur façon de parler d’un pays qui à vecu beaucoup de malheurs, mais au même temps beaucoup beaucoup de bonheur; toutes mes félicitations aux blogueurs, que comme celui-ci montre les choses positive d’un pays qui à été frappé par la drogue, le narcotrafic, les FARCS, Pablo Escobar… Example à suivre.
    Un tout grand merci à toi blogueur.

    • Robin says:

      Merci pour ce commentaire, ça me touche beaucoup 🙂 Tout le plaisir est pour moi !
      En effet, le passé tourmenté de la Colombie n’enlève en rien à sa richesse culturelle, et on se doit de le faire savoir 🙂
      Au plaisir de vous lire
      Robin

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L'Auteur

Robin Canela

Après sa Licence, Robin a passé deux années à arpenter les routes de ce monde, ce qui l’incita à vouloir partager son expérience via une agence de voyage responsable. Vous pourrez le ... En savoir plus sur l'auteur...

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